La santé au service de la performance
Depuis 3 ans, j’ai pris pour habitude d’entreprendre un jeûne hydrique pendant 3 jours, lorsqu’arrive le printemps. L’idée m’est venue après avoir visualisé de nombreuses vidéos portant sur le jeûne intermittent (16/8), sur les bienfaits de la pratique dans diverses religions, et en m’imposant la réflexion suivante : “peut-être mangeons-nous beaucoup trop”.
Dans cet article, je vous expose le processus par lequel je passe chaque année pour effectuer ce jeûne (et le tenir), les effets recherchés sur mon corps et mon mental, et les différentes phases par lesquelles je passe jour après jour.
Tout d’abord, Voici mes 3 objectifs principaux :
Détoxifier le corps : renforcer mon système immunitaire & rééquilibrer mes taux de lipides, protéines, cholestérol et triglycérides
Challenger mon esprit : travailler sur mon équilibre mental & ma discipline
Entretenir une certaine spiritualité (propre à chacun)
Préparation
Avant de me plonger dans cette expérience, il est important de préciser qu’un jeûne ne se décide pas du jour au lendemain, au pied lever. Aussi, je conseille de l’imaginer, de comprendre les raisons qui nous pousse à le faire et surtout de le planifier bien à l’avance. Il est essentiel de conditionner son esprit avant d’entreprendre quoi que ce soit.
Ainsi, c’est à M-3 que je décide d’un créneau (3 jours complet dans mon cas) pendant lesquels mon corps sera, je le sais, mis à l’épreuve. Cette anticipation me permet de visualiser mon action future, de me conditionner et d’organiser mon planning en conséquence. Par expérience, il n’est pas plus évident de le programmer pendant un week-end, pendant les vacances ou encore pendant une semaine de travail. En effet, il 'n’y a pas de moment plus opportun qu’un autre pour le faire (attention toutefois aux femmes enceintes et aux personnes ayant des carence en fer ou autre, qui pourraient être confrontés à des désagréments sérieux en pratiquant un jeûne).
Jour 1
Pour ma part, je commence généralement mon jeûne le dimanche à 00h01. Ainsi, mon dernier repas se situe le samedi soir aux alentours de 23h30. Bien que mon sommeil soit relativement lourd cette nuit là (et pour cause 🤭), je ressent un léger creux dans le ventre dès 10h par le fait que mon esprit soit fortement habitué à petit-déjeuner à 7h30. Pour éviter de ressentir cette sensation de gêne, je préconise de consommer une bonne quantité d’eau (50cl) afin de gonfler mon estomac et calmer mon envie de le combler par de la nourriture.
Etonnamment, dans le courant de la première journée, je n’ai aucun mal-être physique ; seul mon esprit me chuchote à 12h30 que ce serait sans doute une bonne idée que de manger. Là encore, les quelques 50cl d’eau supplémentaires que je consomme suffisent amplement à le tromper.
Après le dîner que je ne prends pas, évidemment, j’ai décidé (exceptionnellement cette année) de faire une séance de musculation en salle. Anticipant une baisse sévère d’énergie après presque 21h sans apport en sucre et autres, j’ai été agréablement surpris des ressources que j’ai pu puiser sans trop d’effort et surtout sans aucune douleur. Après 90 minutes de sport, 1L d’eau supplémentaire et une bonne douche, mon Jour 1 est finalement passé sans mal.
Jour 2
Le speed du début de journée et la charge de travail du lundi sont de bons moteurs qui occupent suffisamment l’esprit pour ne pas penser à se nourrir. En gardant pour habitude de boire suffisamment (près de 2L/jour), je constate de belles performances sur le plan mental sans aucune latence physique ni aucune fatigue. Toutefois, c’est après le travail lors de mon retour à mon domicile que mes envies de grignotage apparaissent. Par automatisme, je me surprends souvent à ouvrir le frigo en ayant pour objectif de me servir un verre de soda ou de manger quelque chose, jusqu’à ce que mon esprit me rappel à l’ordre. La période du dîner est indéniablement la plus difficile.
Bien que ce ne soit pas insurmontable, mon mental ne demande qu’à manger ; mon physique lui est en repos (aucune session de sport ce 2e soir) et j’ai déjà perdu 1,5kg. Mon conseil est alors de prendre un temps pour soi afin de se féliciter et constater que notre volonté peut être plus forte que notre corps. C’est d’ailleurs l’un de mes objectifs lors de mes périodes de jeûne : Convaincre mon esprit qu’il peut battre mon physique. Aussi, je me rend compte à quel point mon cerveau m’ordonne de manger dès que mon pic d’énergie baisse et non lorsqu’il est vital pour lui de remplir mon estomac. Là encore, pour tirer le meilleur parti de cette expérience, j’ai pour habitude de méditer et prier bien au calme, la nuit. J’en profite pour penser mon expérience et ressentir l’épreuve au maximum.
Jour 3
Après 48h de jeûne, le corps entre dans la phase la plus bénéfique pour se détoxifier ; il commence à puiser, non pas dans ces dernières ressources, mais dans ses réserves. C’est la phase d’autophagie profonde pendant laquelle le corps élimine les toxines et les déchets cellulaires. Aussi, le réveil est bien plus précoce (4h30 du matin) et plus difficile que les 2 autres ; je suis obligé d’adapter mon rythme général. J’entre alors dans un mode de fonctionnement plus lent et mon besoin de spiritualité redouble d’intensité (cette partie restera intime). Sur le plan mental, j’apprécie curieusement mieux les choses simples telles que la brise du matin (vers 6h) quand le jour se lève, ou la chaleur de ma douche que je conscientise réellement. Une fois au travail, c’est vers 11h que mon ventre ne cesse de me demander de manger et, je dois l’avouer, l’eau n’y change presque plus rien.
Tout au long de la journée, mon esprit me torture et je ne pense qu’à ça : “apprécier une bonne entrecôte”, “dévorer une énorme part de pizza”, je veux juste MANGER. C’est donc à ce stade qu’il est temps de prendre 2 petites minutes pour réaliser à quel point nous consommons trop et constater la quantité de nourriture que nous jetons quotidiennement car périmée ou non-ingurgitée. En effet, cela aide à relativiser.
Après 68h d’abstinence alimentaire et maintenant 2kg de moins sur la balance, le dîner reste toujours la partie la plus difficile à surmonter. Voir ma famille manger et sentir les odeurs de paëlla en cuisine, me rappelle la chance que l’on a, en France, de pouvoir (en général) se nourrir d’un plat chaud, chaque jour.
C’est à 00h30, le mercredi, soit après 73h, que j’ai pu casser mon jeûne. Evidemment, la manière de procéder appartient à chacun mais il est à noter que la digestion, selon les aliments consommés, peut-être relativement douloureuse. Personnellement, cette fin de jeûne s’est faite par la prise d’un shaker de protéines et d’un poké-bowl de fromage blanc 0% accompagné de flocon d’avoine, 4 noix, 30 amandes et 40 grammes pépites de chocolats.
Post-expérience
Après cette période de jeûne, autant en profiter pour optimiser le retour d’une prise de poids inévitable, et reconsidérer notre consommation générale quotidienne. Aussi, je conseille de rester vigilant et raisonnable quant à la quantité de nourriture que nous remettons dans notre assiette.
Les Bénéfices du Jeûne sur la productivité
De toute évidence, que ce soit par le témoignage que je viens de vous livrer, ceux des adeptes du 16-8 ou l’avis de la médecine, le jeûne est un outil intéressant pour stimuler son corps mais également la productivité. Voici une liste non-exhaustive des bienfaits pour performer toujours plus au travail.
amélioration de la concentration et de la vigilance
optimisation de la clarté de réflexion
régulation du taux de glycémie (évite les variations d'énergie - pic et chute - durant la journée)
augmentation du bien-être général (meilleure qualité de sommeil)
stimulation du système immunitaire (moins d’arrêt maladie)
diminution des risques cardio-vasculaire
allongement de la longévité (ce nous sera utile si l’on doit bosser jusqu’à 70 ans 🤭)
modulation du cortisol (= diminution du stress et de l’anxiété)